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Bienvenue sur ce blog, j'espère vous faire rire et pas trop vous démoraliser!

La vie d'étudiant infirmier n'étant pas un joli cocon douillet, laissez moi vous raconter les aventures d'une pôvre victime du système.

Amusez vous bien.

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Vendredi 21 septembre 2007

Je ne vous en avais pas parlé, mais il y a quelques temps, j'ai eu mes premiers morts.

Passage obligée pour l'étudiante infirmière, quans elle n'avait pas eu l'occasion avant de rencontrer un client de la grande faucheuse.

C'était ZE truc qui me faisait flipper, parce que déja je ne suis pas trop fière devant les patients en fin de vie. Si ils sont conscients, c'est encore pire.

Et là, paf! (pas de vilains jeux de mots avec un chien du même nom, s'il vous plait) 2 patients en deux jours!

Là, vous vous dites: "la p'tite Nana, elle a une grande gueule mais elle a pas dû tenir le coup, la chochotte."

Bé si. Ca m'a laissé bizarrement de marbre. Les corps sans vie ne m'inspirais à peu près rien d'autre qu'une vague curiosité.

Je dois quand même préciser que ces personnes avaient déja vécu, même si elles étaient relativement jeunes pour mourir, et ne me renvoyaient pas à un vécu personnel.

Donc rien.

Au troisième, en fait, j'attendais qu'on finisse de remplir les papiers, avec les yeux dans le vague. Mais les yeux dans le vague étaient posés sur le visage du monsieur. Je devais faire une drôle de tronche parce que l'infirmière m'a interrompue dans ma rêverie pour me demander: "ça va Nana?"

Je reviens à la réalité: "oui-oui, ça va!" Rire nerveux. Je devais avoir la tête de celle qui va bientôt vomir ou tomber dans les pommes.

 

Je suis un monstre, parce que quand on en a fini, je suis allée manger.

Par Nana - Publié dans : Faut bien débuter un jour...
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Mercredi 19 septembre 2007

Je vous dresse le tableau: il est 15h30, jeudi, cours en amphi. Cours aussi ininteressant que redondant: trois fois le même contenu depuis le début de la semaine.

On se demande pourquoi on n'a pas eu l'incroyable présence d'esprit de rentrer chez soi. Maintenant, c'est trop tard, il va falloir tenir jusqu'à 17h minimum...

Et là, c'est à celui qui sera le plus créatif:

Celui qui manque d'imagination: il fait des mots fléchés ou du sudoku, quelques fois en groupe.

L'artiste: il grave au compas (qu'est ce qu'il fout avec un compas, celui là??) des inscriptions variées sur son bout de table. Le genre de trucs qu'on trouve obligatoirement sur les murs des cellules de prison dans les films américains, genre "Johnny was here". Inutile mais c'est bien pour:

Le lecteur: au mieux il a un bouquin (celui là, il a eu du flair), au pire il lit les petits mots de Johnny.

Les miss potins: se racontent leur histoires de cul ou celles des autres, très fort dans l'amphi (entendable sur minimum 3 rangs, c'est mieux), ou si elles se sont tout dit, elles lisent "public".

Les incollables en chansons françaises: un point pour celle qui sera la plus rapide. Vous ne connaissez pas ce jeu? C'est le seul qui necessite d'écouter le prof. Des exemples:

Prof: "... ça doit vous rappeler des souvenirs..."

Etudiante: "souvenirs, souvenirs... la la la la..."

Prof: "... à éviter, donc, les coups de soleil avec ce médicament..."

Etudiante: "J'ai attrapé un coup d'soleil, un coup d'amour, un coup d'je t'aime..."

Etc...

 

Et vous, vous faites quoi quand vous vous emmerdez royalement en amphi??

Par Nana - Publié dans : Faut bien débuter un jour...
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Vendredi 14 septembre 2007

A un type, étendu sur le sol devant un arrêt de bus:

"Monsieur, monsieur, vous allez bien?"

"Ta gueule, conaaasse"

Ah, ben ça donne envie d'aider son prochain!

( "tu veux p'têt un coup de pied dans les c***lles?")

Par Nana - Publié dans : etudiante infirmiere
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Lundi 10 septembre 2007

Je vous ai parlé dans de précédents articles de mon sentiment en stage de jouer l'hypocrite de service et aussi de ma préparation mentale avant chaque stage: "de sourire tu ne cesseras".

Purée, j'ai vraiment envie de cesser, par ( nombreux) moments.

J'vous jure, c'est fatiguant, 7 ou 8 heures par jour à montrer mes dents...

5 stages par an, d'un mois chacun. Depuis le début de la formation, je suis restée comme une conne à sourire même quand je n'en avais pas envie... une année entière!

Sourire à tout le monde le matin quand on a juste envie de pleurer parce que la salope de service est là, aujourd'hui.

Sourire quand la cadre te tient le crachoir alors que tu voudrais bien aller faire tes soins.

Sourire devant la formatrice qui te voit en MSP alors que tu as plutôt envie d'aller aux toilettes évacuer la diarrhée de stress... (pardon, mais quoi, qui n'a jamais eu cette fameuse chiasse avant un examen?)

Parfois, je me sens lobotomisée. Et quand on est crevée parce qu'on ne voit pas le diplôme arriver assez vite, c'est encore plus dure de mobiliser tous ces muscles du visage qu'avant tout ça je me doutais même pas qu'ils existaient.

Et après ça, il faut réunir toute l'energie dont on est capable pour sourire aussi aux patients. Parce qu'ils n'ont pas choisi d'être là, les pauvres; et parce que dans certains services je sais que je serai la seule personne à leur offrir ça.

Je pense à mon patient de 90 ans, passé brutalement de l'état de monsieur en bonne santé à celui de très très bientôt mort; avec qui je suis restée 1 heure à discuter de sa petite famille ("mes enfants sont tout pour moi", j'vous jure que ça fout la larme à l'oeil), expression resplendissante. J'attendais qu'une ambulance viennent le chercher pour l'emmener dans le petit hopital de sa campagne où il pourra décéder entouré de ses enfants chéris.

Et elle était où, l'infirmière, pendant ce temps là? Elle se tournait les pouces plus loin. Elle attendait que le temps passe. Elle s'en fichait royalement.

Alors moi, je souriais pour 3.

 

Mesdames les formatrices, ne vous étonnez pas que je fasse la gueule au retour en cours, j'ai du repos de visage à récupérer.

Par Nana - Publié dans : Faut bien débuter un jour...
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Vendredi 7 septembre 2007

Alors voilà, je parle beaucoup des patients, je parle beaucoup des équipes, des services que je "visite", mais j'oublie de vous parler d'une chose:

Et alors, ça fait quoi quand c'est nous qu'on porte la chemise d'hôpital??

Pour vous confier mon experience, je déteste.

J'ai quelqu'un de ma famille qui adore dire des trucs du genre: "il faut toujours être propre et porter des dessous coordonnés au cas où (et là, c'est la déferlante de conneries) on serait hospitalisé en urgence pour pas avoir honte devant le medecin qui nous verrait sans vêtements..."

Bon, ok, pas si con que ça quand on pense au coup du type qui a un truc au pied et qui ne lave que ce pied là pour le montrer au medecin... qui lui demande d'enlever l'autre chaussure, pour voir. Et bien sûr, le panard pas lavé est tellement ignoble qu'on doit ouvrir toutes les fenêtres du service pour survivre.

Je vous rassure, j'ai la fâcheuse habitude de me laver tous les jours, et pas seulement ce qui se voit.

Mais pour ce qui est des sous-vêtements coordonnés ou de l'épilation...

Et en parlant d'épilation, hop, une bonne petite anecdote: une dame arrivée pendant la nuit dans mon service de chirurgie, à 7h je vais joyeusement dans sa chambre, la tondeuse à la main pour lui faire le maillot (possibilité qu'on lui pose un cathé fémoral au bloc). Pour vous situer, la dame avait entre 50 et 60 ans.

Je lui explique ce que je viens lui faire, elle rougit jusqu'aux cheveux. "Ben oui, pas marrant de se faire tondre la foufoune par une étrangère", pensais-je.

Que nenni, j'ai eu la surprise de découvrir que madame devait avoir une personne comme la mienne dans sa famille. Elle était épilée, doudiou, il ne restait plus qu'un parfait petit ticket de métro! J'avais pas l'air conne avec ma tondeuse genre "je vais faucher les blés".

Pointe d'envie, en imaginant la vie sexuelle sans aucun doute trépidante qu'elle devait avoir encore à son age.

Bref, moi, je suis pas comme ça. Je suis affreusement pudique, certe. (malgré le fait que je vois des gens déculottés toute la journée) J'ai le syndrôme de la blouse blanche, aussi. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la tachycardie dès qu'un medecin m'ausculte. Et puis, les prises de sang sur ma personne me font tourner de l'oeil. Bonjour la honte, l'étudiante infirmière!

 

Mais non, non, non, je ne vivrai pas dans la terreur de me retrouver aux urgences avec du poil aux pattes et un soutien gorge noir au dessus d'une culotte blanche.

Même si je sais que si ça arrive un jour, je ne m'en remettrai pas...

Par Nana - Publié dans : Faut bien débuter un jour...
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Mercredi 5 septembre 2007

Ce qui est sympa, quand on fait ce métier, c'est qu'on voit vraiment beaucoup de monde. Bah oui, on change tout le temps de lieux de stage, de pathologies, de population...

Et donc, parfois, on constate des trucs qui laissent à penser que mère nature a dû se bourrer la tronche plus d'une fois quand elle bossait.

Un petit florilège de ce que j'ai vu:

Soft: je dois prendre une température, mais je ne peux pas choisir mon oreille (j'aime bien choisir les oreilles), parce que monsieur a un des conduits pratiquement fermé.

Dégueu: je fais retirer sa chemise à un monsieur, et je découvre une hernie ombilicale impessionnante! Pour vous donner une idée, on aurait juré qu'un gros tuyaux d'arrosage lui poussait dans le ventre, et en sortait pour retomber au niveau des poils pubiens.

Et en parlant de poils pubiens, pour une de mes premières pauses d'étui pénien (pour les non connaisseurs, une sorte de préservatif avec un tuyau et une poche au bout pour recueillir l'urine), j'ai eu un mal fou à me retenir de rire en demandant au patient "mais, pfff, il est où votre zizi, monsieur?" genre je fourrage et je ne trouve rien...

Moins pire qu'une ancienne collègue qui a failli tomber dans les pommes en découvrant l'engin d'un patient: apparemment ça se rappochait plus de la trompe d'éléphant (énorme et bien recourbée) qu'à un pénis d'humain. Il aurait barri qu'elle aurait pas été plus étonnée. Commentaire de la fille encore sous le choc deux mois après: "les femmes devaient s'enfuir en le voyant nu". Genre serial éventreur...

Pour en finir avec les "membres" sortant de l'ordinaire, je devais sonder un patient, je fais la petite toilette sans me rendre compte de rien (je devais être encore vachement concentrée!), et au moment d'enfiler le tube... bah... ben je ne savais pas où le mettre.

Patient dément, donc pas la peine de lui demander où il avait mis son urètre. Bon, après maintes recherches (si quelqu'un était passé dans la chambre, on m'aurait prise pour une perverse), je le trouve en dessous. Ouf. En plus, j'ai eu un truc interessant à raconter à l'équipe. (+2 points sur la note de stage)

Et enfin, et parce que ça, vous l'avez sûrement tous vu, c'est la patiente à qui on doit faire un ECG (electrocardiogramme), alors on descend la chemise, et là, une seconde d'arrêt sur les seins (encore la tronche de la perverse): on dirait que chacun appartient à une personne différente. Style le droit petit et bombé, lisse avec le mamelon tout petit et rose... et le gauche incroyablement gros, tombant, ridé, avec un énorme mamelon violet.

Les corps des patients, c'est un peu comme les jeux à gratter: la plupart du temps on a rien, mais de temps en temps on gagne, et ça met de bonne humeur.

 

ps: pardon aux hommes qui ont des micro-penis et aux femmes dont le côté droit ne ressemble pas du tout au côté gauche. Je suis navrée.

Par Nana - Publié dans : Faut bien débuter un jour...
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Lundi 3 septembre 2007

Le truc avec cette formation, c'est qu'elle vous renvoie souvent au corps de l'autre, mais rarement au votre.

Et au fil des regards que des inconnus portent sur vous (patients, mais surtout équipes), on se retrouve un soir à se regarder attentivement dans le miroir. Bon, j'avoue, je le fais plutôt souvent, en fait.

Imaginez la fille, heu, la femme; nue, devant la glace. Et si elle fait ça, la femme, c'est que déja on peut deviner que le résultat du test ne sera pas très bon.

Déja, la glace, elle est pas bien placée. Les lumières ne rendent pas hommage à la pôvre fille.

En plus, elle ne dirait pas non si on lui proposait de changer ses cheveux ou la couleur de son teint, même si elle le doit à ses gènes. (et là, vous vous demandez si je suis antillaise ou rousse-poil-de-carotte!)

Mais ce que la fille femme déteste vraiment chez elle, ce sont ces cicatrices, stigmates de ce séjour à l'hopital dont je vous ai parlé. Ca gâche un peu le paysage, ça limite les tenues sexy de l'été (enfin, pas trop de cet été), ça la rend pudique.

Et comble (vous, les hommes, ne pouvez pas comprendre, hum), ça la rend agressive si on lui assure que, "bé non, elles se voient pas tant que ça, les cicatrices! " (crétin!)

Je vous offre un scoop, messieurs les hommes et mesdames les femmes qui se trouvent parfaites (heureuses que vous êtes!): SI, elles se voient, les cicatrices, parce que mon miroir pas magique du tout ne me montre qu'elles. Mon reflet, c'est un peu une dame patate zébrée de partout, que tout le monde quand il la voit se demande ce qu'il lui est arrivé.

 

Alors, crac! Je me rhabille, je réenfile mon gros-gros ego; et je vais allumer la télé pour regarder une télé réalité à la con où les gens sont peut être beaux mais très cons, ça fait du bien.

Par Nana - Publié dans : Coup de gueule
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