Je ne vous en avais pas parlé, mais il y a quelques temps, j'ai eu mes premiers morts.
Passage obligée pour l'étudiante infirmière, quans elle n'avait pas eu l'occasion avant de rencontrer un client de la grande faucheuse.
C'était ZE truc qui me faisait flipper, parce que déja je ne suis pas trop fière devant les patients en fin de vie. Si ils sont conscients, c'est encore pire.
Et là, paf! (pas de vilains jeux de mots avec un chien du même nom, s'il vous plait) 2 patients en deux jours!
Là, vous vous dites: "la p'tite Nana, elle a une grande gueule mais elle a pas dû tenir le coup, la chochotte."
Bé si. Ca m'a laissé bizarrement de marbre. Les corps sans vie ne m'inspirais à peu près rien d'autre qu'une vague curiosité.
Je dois quand même préciser que ces personnes avaient déja vécu, même si elles étaient relativement jeunes pour mourir, et ne me renvoyaient pas à un vécu personnel.
Donc rien.
Au troisième, en fait, j'attendais qu'on finisse de remplir les papiers, avec les yeux dans le vague. Mais les yeux dans le vague étaient posés sur le visage du monsieur. Je devais faire une drôle de tronche parce que l'infirmière m'a interrompue dans ma rêverie pour me demander: "ça va Nana?"
Je reviens à la réalité: "oui-oui, ça va!" Rire nerveux. Je devais avoir la tête de celle qui va bientôt vomir ou tomber dans les pommes.
Je suis un monstre, parce que quand on en a fini, je suis allée manger.
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