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Bienvenue sur ce blog, j'espère vous faire rire et pas trop vous démoraliser!

La vie d'étudiant infirmier n'étant pas un joli cocon douillet, laissez moi vous raconter les aventures d'une pôvre victime du système.

Amusez vous bien.

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Faut bien débuter un jour...

Mercredi 11 octobre 2006

Il y a longtemps, très longtemps (enfin, pas tant que ça, n'allez pas vous imaginer que je suis vieille, disons il y a 3 ans) j'exerçais un autre métier.

J'en avais assez de faire des journées horriblement longues et d'être traitée comme du caca pour pas un rond. J'ai donc décidée de devenir infirmière...

Je vous entend ricaner d'ici. Mais n'oubliez pas que moi aussi j'ai été naïve!

"Que faire de ma vie?" me demandais je à l'époque? Deux ans d'études pour ce boulot et pas un seul contrat à durée indéterminé à l'horizon. Comme j'avais un grain de jujote, j'ai établi la liste des formations qui me permettraient d'être peinarde et de connaître le moins possible le chômage.

Ma liste était bien courte, malheureusement. En tête:

- épouser un homme riche ( la formation n'est pas ouverte à toutes)

- devenir infirmière 

Le deuxième me paraissait beaucoup plus accessible, quand même. Mais pour la deuxième solution, ma réaction était proche de: "Quoi? Moi, infirmière? AHAHAHAHAHAHAHAHA!!!"

Quelques mois plus tard, j'ai été hospitalisée (rien de grave, rassurez vous), et encore 6 mois plus tard, je me retrouvais dans une grande salle à transpirer sur mes tests psychotechniques avec plein d'autres crétines et crétins. Comme quoi, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...

Encore un oral et me voilà à me lever tôt le matin pour partir en cours, le coeur plein d'espoir, la motivation au maximum et de l'énergie à revendre. Imaginez vous, j'allais sauver des vies, et encore mieux: j'allais me balader dans un hopital en blouse, la seringue à la main, l'air sûre de moi. Et, qui sait? Peut être croiser la route d'un beau chirurgien qui pourrait me permettre de revenir à la solution n°1!

 

Parce que, il faut être honnête, même si on sait que c'est une fiction, la série "urgence" n'a pas fait rêver que moi...

Vous me croyez si je vous dit que depuis j'ai déchanté?

Par Nana
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Lundi 16 octobre 2006

Vous qui n'êtes pas encore à l'IFSI, vous ignorez peut être qu'en école d'infirmière comme dans toutes les écoles a lieu durant les premières semaines de cours ce qu'on appelle maintenant "l'intégration" mais que tout le monde appelle vulgairement le bizutage.

Vous qui l'avez déja vécu, vous savez déjà que ce rituel de passage est quand même moins sauvage chez les futurs infirmiers que, par exemple, chez les futurs vétos. Déjà parce qu'il est difficile de faire pire que chez les vétos (sauf quand on aime se faire pisser dessus), mais surtout parce que nous, les ESI sommes des gentils, invariablement gentils.

Le bizutage se borne donc à quelques inscriptions coquines au marqueur indélébiles sur votre visage et l'apprentissage alcoolisée des chorégraphies de notre chère FNESI (Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers).

Donc un bon moment rigolo, sympa, avec juste ce qu'il faut de débilités et de chansons payardes.

Tellement gentil que ces chers petits nouveaux pensent tomber en plein dans le pays des bisounours, ou sur l'ile aux enfants... ("les monstres sont gentils, oui c'est un paradis")

Comme j'ai été choquée à l'époque d'apprendre que quelques années auparavant les "bleus" de la promo ont été accueillis par un "VOUS ETES ICI POUR EN BAVER" hurlé au micro par les deuxièmes années, les joues rouges de rage et la bave aux lèvres.

Oui, j'ai été choquée, mais comprenez moi, je ne savais pas!

Depuis, j'ai bien compris les expressions typiques de l'armée: "signer pour en chier", "c'est le bagne" ou "marche ou crève".

J'ai donc bien signé pour en chier (et pour regarder chier les autres) mais, étrangement, je ne regrette (presque) pas. Allez comprendre...

Par Nana
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Jeudi 19 octobre 2006

Au début de la première année, et avant le tout premier stage, chaque ESI a le droit de se taper deux mois de cours (environ).

Et malgré le fait que tous les formateurs vous répètent depuis le début que vous êtes des adultes et qu'ils vous traiteront toujours comme tel, vous croyez redoubler votre maternelle.

 

Parce qu'apparemment, ils ne sont pas sûrs du choix qu'ils ont fait avec l'épreuve de l'oral. Donc ils partent du principe que les trois quart (au moins) sont des débiles mentaux profonds qui viennent tout juste de sortir de leur caverne après 15 ans d'hibernation.

 

Il veillent à articuler chaque mots, même si c'est ceux-là même que vous avez appris à écrire en CP, ils farcissent leurs cours d'images on ne peut plus claires pour illustrer leur discours (genre un smiley souriant et un autre qui fait la gueule avec une flêche entre les deux pour symboliser la mauvaise communication, au cas où ça serait trop complexe), ils répètent tout trois fois pour qu'on ai le temps de noter "le patient est gentil, il faut être gentil avec le patient".

 

Bref, on sort de là soit avec le fou rire, soit en ayant la sincère impression d'être pris pour des demeurés.

 

A côté de ça, les medecins qui viennent faire leurs cours en amphi débitent leurs cours sans support et sans pause pour reprendre leur respiration, en pensant qu'on a bien sûr assimilé le dicco de medecine de A à Z. Et comme on est un peu crétins on se fait des entorses au poignet à essayer de tout noter tout en n'y comprenant quedalle...

 

Bref, à la fin de ces deux mois de cours, chaque étudiant est au bord de la crise de nerf, est à deux doigts de mordre quiconque lui adresse la parole et rêve de partir enfin pour leur premier stage, où tout sera fantastique, cela va de soit.

 

Ils ne savent pas à ce moment là qu'au bout de deux semaines ils mourront d'envie de revenir à l'école rejoindre ceux qui ne sont même pas encore leurs amis.

Par Nana
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Jeudi 19 octobre 2006

Je parlais precedemment du premier temps plein de cours, laissez moi maintenant vous décrire le tout premier stage de première année.

Si vous êtes ou voulez devenir étudiants infirmiers, c'est certainement que vous êtes des optimistes chroniques. Vous préparez donc fièvreusement cet évènement. Vous essayez aussi bien sûr votre petite tenue, si vous ne l'avez pas fait avant. (elle ne vous va pas, trop serré à la taille, trop large sur les fesses, trop long ou carrement beaucoup trop court au niveau des jambes? C'est normal, tout va bien.)

Et puis, au premier matin, sur votre 31, vous arrivez dans le service.

Les moins chanceux en cette occasion vont vivre le plus grand moment de frustration de leur vie depuis ce jour où le père noël a oublié de mettre une paire de patin à roulette sous le sapin, car ceux-là iront en école maternelle ou pire, en crèche!

Les autres, à moins de tomber sur un service fantastique doublé d'une équipe géniale, auront le sentiment très désagréable d'être le larbin de service, l'esclave du coin, le soumis de l'hôpital.

Comment? Pas de prise de sang dès le premier jour mais le ménage du couloir? Comment, on me refile la toilette de la patiente acariâtre et obèse dont personne ne veux? Comment, l'aide soignante la plus salope qu'on ai jamais vu n'attend même pas qu'on ai le dos tourné pour nous traiter de faignant(e) / incapable / nul(le) parcequ'on s'est trompé(e) de gant de toilette? (hem, excusez moi, c'est mon 2ème jour, ici, MON DEUXIEME!) Oui, c'est comme ça que ça se passe.

Bon courage, et n'oubliez pas dans ce cas de faire comme moi: on respire un grand coup, et on décompte les heures qu'il nous restent à tirer avant de rejoindre l'école où on nous prend aussi pour des demeurés mais où on ne nous le dit pas ouvertement.

Par Nana
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Vendredi 20 octobre 2006

C'est LE stage que chacun attend avec une crainte mêlée d'impatience.

Est-ce-que j'aurai moi aussi des anecdotes drôlissimes à raconter? Est ce que je vais me faire agresser / violer / étrangler / découper en morceaux?

Bref, ce premier jour de stage de psy, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Dès que je suis entrée et que j'ai vu les premiers patients, l'inquiétude s'est insinuée dans mes veines plus vite que la vodka cul-sec.

Il faut dire que les patients étaient plus caricaturaux que les caricatures de la pire série B, et que je ne voyais personne en blouse blanche dans les couloirs susceptibles de me sauver...

Plus tard, une fois présentée aux patients, je n'étais pas beaucoup plus rassurée et je priais pour que personne ne me suive dans la cage d'escalier quand il fallait que je monte.

Ca, c'est le premier jour. J'ai appris à connaître les patients (psychotiques) et leurs histoires, je me suis détendue et ai pu communiquer avec eux sans chercher frénétiquement des yeux un membre de l'équipe au cas où un délire quelconque survenait, qui pourrait mettre ma vie en danger.

Et vous savez quoi? J'ai hâte d'y retourner...

Par Nana
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Lundi 23 octobre 2006

Lues dans des évals, j'imagine.

Je vous note celles qui m'ont fait le plus rire:

Quand le bébé a fini de boire, il faut le dévisser et le mettre au frais...

Prendre une pilule cinq minutes avant de vous endormir et une autre, cinq minutes avant de vous réveiller.

En cas de maladie contagieuse, les rapports intimes doivent avoir lieu à plus d'un mètre de distance.

Étant donné que la grossesse est l'état naturel de la femme mariée . . .

Il est préférable de prendre la température sous les selles.

Le reste  ici

Par Nana
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Vendredi 27 octobre 2006

Pour le commun des mortels (vous y compris), pour connaitre quelque chose, il faut l'avoir vu, lu, entendu, bref: appris.

Ah, ah, bande de naïfs, ça ne compte pas pour un étudiant infirmier!!

Pour certain(e)s IDE, un étudiant n'est rien d'autre qu'un dictionnaire de soins infirmiers à lui tout seul.

"Comment, c'est ton deuxième jour de stage et tu ne connais pas par coeur les moindres détails du fonctionnement du service / les noms, prénoms et dates de naissance de chacun des 25 patients? / les traitements et effets secondaires des maladies orphelines les plus rares?"

Pour ces IDE là, rien n'est pardonné. Vous ne savez pas poser de sonde urinaire parce que vous n'avez jamais eu l'occasion de le faire? Ce n'est pas une excuse.

Si on est étudiant, c'est bien parce qu'on connait tout du métier, non? On est bien là parce qu'on n'a rien à découvrir?

Par Nana
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